Aimer a MourirCHAPITRE 77, OSLO.Deux à trois heures.Rica Oslo. Une horloge, une chambre.J'écoute le rythme de ta peau.Nous sommes synonymes.Les fenêtres se dénudent.La chaleur m'anime.Le froid n'est que simple interlude.Je suis la ville qui s'illumine.-Deux à trois minutes.Je me presse d'entendre.J'effleure un tic tac régulier.S'éloignent les lignes entre les pavés.Mes pieds fondent.Le sol brûle sous mes talons.Ma tête tombe.À mes pieds, il ne reste que le plafond.-Je ris. Comme un enfant dans un manège.Je respire, enivrée.Le fjord se couvre de neige.Mon sang étreint le plancher.-Deux à trois secondes.Trop tard pour atte
Faire son Deuil des Feuilles MortesMontréal. Chapitre 57.Ne sois pas si triste. Le vent tourne.Les jours se meurent, mais le temps persiste.Tes murs ressemblent aux miens.Ils ont des tons, des contrastes, des visages.Ils respirent. Ils ont froid, ils ont chaud.Ils existent pour le regard de qui veut bien les voir.Il y a les rues qui sont froides, fatiguées et lasses.Il y a les mois gris qui s'entrechoquent et s'entrelacent.Je ne suis peut-être que le souffle que respire une fraction de tes secondes.Entre ciel et terre, je n'ai ni soleil ni lune à t'offrir.Je ne suis peut-être qu'un pigment dans tes couleurs,Mais je veux être la toile sur laquelle tu t'étends.
Dissolvant et Ongles RubisDISSOLVANT ET ONGLES RUBISChapitre 47. Toronto.Dans un loft à peine plus vivant qu'elle, un hublot marqué par l'oubli lui sert de fenêtre. Son regard distrait reflète le froid, le temps couvert et les bâtiments avoisinants. Elle n'a qu'un seul sentiment toute l'année: celui de quatorze heures en après-midi d'été.Elle a une petite table, un canapé-lit, quelques chaises et de vieux électroménagers; elle décore son espace de quelques visages anciens et d'effluves d'encens. Les murs fades de son logis sont parfois agrémentés des couleurs vives, mais trop éphémères, d'un semblant de passion.Elle sort parfois pour emprunter les longues aven